• x Joséphine x

     

    (...) Puis, le coup d'estoc estomaque brutalement comme un phantasme nocturne dont on émerge cruellement avant la dénouement. « Connaissez-vous le Pavillon au fond du parc, ce petit kiosque dont l'escalier qui mène à l'étage est lamentablement désossé... », murmure-t-elle comme un tocsin dans le lointain, « C'est mon castel privé, voyez-vous ! Voudriez-vous le visiter ?... ».
    On voit, en effet, mais on se demande en aparté, le souffle condamné et la coupe pleine, à quel prix le crime est affiché.


    Le moustachu à la quarantaine grisonnante avait acquiescé d'une gâterie muette et pensive sur les genoux dévoilés, glissant ensuite la paume entre les cuisses dont il sembla expertiser la docilité. Les ombres s'allongeaient, impavides et suggestives, et, au bercail, une assiette l'attendait. Il était tard, mais cette petite pute est certes irrésistible.



    Dans l'expectative, l'homme jeta un regard indécis sur son chien qui bouclait un ultime tour du parc en dérapant. Les pattes prêtes à bondir à nouveau et le souffle haletant, celui-ci ne signalait aucune envie de rejoindre sa gamelle et, d'ailleurs, sous le casque de poils, l'œil pétillait avec complicité, la langue clapotait sur le côté de la gueule ouverte et une touffe frétillait au bout de son pénis agité.



    L'île est déserte et cette aborigène sensuelle ne consent-elle pas lascivement au sacrifice érotique ? « Allons voir ! Je te suis... », décide soudain le marin en la tutoyant avec dédain.



    L'escalier du kiosque, bien rongé par le temps, est effectivement impraticable mais, à l'arrière, le remblai de la ligne du chemin de fer ménage un accès à l'étage. Pour l'aider à y grimper, l'homme la soulève d'une virile emprise des mains autour de la taille. Et, tandis qu'elle se maintient en équilibre sur le rebord de l'étage, les coudes ramassés et une jambe pliée pour affermir sa position, elle surprend la chaleur d'un regard qui effleure son entrejambe ainsi découvert. Il l'a rejointe d'un saut fringant, puis d'un agile rétablissement des reins. En bas, le chien jappe un instant en frétillant de la queue, avant de se coucher tout de long en écorçant de crocs rageurs une branchette entre les pattes de devant.


    L'homme tombe aussitôt à genoux devant elle. Avec dévotion, il retrousse la jupe sur les hanches de celle qu'il prend pour une vierge et, lui forçant les cuisses, croise ses lèvres contre les siennes avec ferveur. Une langue passionnée s'insinue entre les commissures tandis que la moustache ravage la perle en amont. Il la presse aux fesses à pleines mains, contourne fébrilement les flancs et serpente vers sa poitrine en lui martyrisant les chairs.



    Pétrie de la sorte, Joséphine, apparemment complice, ne se prive pas d'onduler du bassin, ni de gémir en réponse à son agitation, ni de vibrer sans excès.



    Comblé par l'indécence de la bacchante, l'homme s'est remis sur pieds et, arrimant sans attendre deux avant-bras solides sous son fessier, l'étaye contre le mur, lui ordonne d'un murmure de s'attacher les chevilles autour de ses lombes. Elle ne l'a pas vu se déganter que, déjà, leurs sexes se rejoignent en un face à face qui ne s'attarde plus à d'autres préliminaires.

    L'outil l'a embrochée d'une ruade et, dans son ventre mis à sac, les grognements du forcené résonnent désormais comme la caisse d'un tambour. Joséphine ne ressent ni douleur, ni plaisir, ni même de l'ennui. Cela ne réveille en elle qu'un lointain souvenir amer que le pignouf disloquera de toute manière d'ici peu par une clameur sauvage et inhumaine, jamais assez vite cependant au gré de la donzelle brutalement butinée. 



    Quand le quidam déracine enfin le dard de son entreguibolle  qu'il souille jusqu'au nombril en trépidant comme s'il allait clamser sur place, Joséphine est subitement perforée par la vision apocalyptique d'une collision frontale entre deux locomotives dont le métal fusionné se plie, se froisse et s'imbrique dans le fracas insoutenable d'une explosion aveuglante. Mais il ne s'agit en réalité que d'un train filant à belle allure, quelques mètres au-dessus d'eux. (...) 



    In « Moeur's frisson », roman


  • Commentaires

    1
    Mardi 24 Octobre 2006 à 11:05
    Ca se dévore des yeux...
    et ça se digère dans la tête avec des images qui se créent au fur et à mesure... Ce fut exquis...
    2
    Topxine
    Jeudi 26 Octobre 2006 à 10:58
    Content, je suis,
    de t'avoir fait passer un bon moment... Bix, toi !
    3
    Jeudi 26 Octobre 2006 à 23:29
    Verol est votre fantôme corps/viande
    L'un l'instant. L'autre pas. Le pendant de ces jours sont le circuit bidon de ces nuits. J'y passerai le temps que pourra. J'attendrai seulemnt de bosser chaudement sur nos fondamentaux évidents. La course. Le stress. http://andy-verol.blogg.org
    4
    Nanou
    Vendredi 27 Octobre 2006 à 12:49
    TopXine
    pour te faire des z'hiboux, et dire merci plein de fois dans l'ordre qu'il te plaira
    5
    Dimanche 29 Octobre 2006 à 17:34
    Hirsute,
    ... oui, je suis passé par là ! A+
    6
    Dimanche 29 Octobre 2006 à 17:35
    Nanou,
    ... dans le désordre de nos sens, alors ! Z'hibouX encore et encore...
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