Publié par topxine à 17:01:45 dans les Alice's déballages | Commentaires (1) | Permaliens

Publié par topxine à 11:22:22 dans les Alice's déballages | Commentaires (1) | Permaliens
Toute la matinée, j'ai essayé de reconstituer le miroir brisé voici environ un mois sur une vieille planche en bois pas trop pourrie. Comme un puzzle, j'ai collé les éclats un par un, le plus proche des uns des autres.Ca m'a pris quelques heures pour rassembler toute la quincaillerie.
Le résultat ressemble à une vague citrouille en forme de pomme de terre. Je m'y vois comme une petite pomme rongée de rides.
C'est l'histoire d'une vieille femme qui voit son bus arriver de loin et qui trottine pour arriver avant lui à l'arrêt. Ses genoux la supportent à peine et, comble de malchance, il pleut à torrent. Et puis, elle a mal aux mollets, gonflés d'eau comme deux baudruches de chair. Son alternative est celle-ci : ou bien elle arrive à temps et elle se hissera tant bien que mal dans l'habitacle, ou bien elle le rate et devra attendre le prochain passage de la ligne, une heure ou deux plus tard. Une heure ou plus à attendre, debout sous l'intempérie du jour, flageolant de plus en plus sur ses pauvres cannes car, bien sûr, il n'y a ni banc, ni muret de pierre pour s'y asseoir. Le bus et elle se croisent, mais pas au même moment. Lui passe son chemin à toute allure, bien vu, bien entendu. Comment le conducteur aurait-il jamais pu concevoir que cette aïeule ratatinée aie la velléité et l'indécence de se rendre au village ? Ou n'importe où ailleurs, du reste.
Il est temps que je me défragmente, je crois : je n'ai plus qu'à rejointoyer mes satanées fissures avant ce soir.
© Alice Label - 7 juillet 2006
Photo [© Bernard Topo'] de "Ik, James Ensor" (sculpture en bronze de la chambre de travail de l'artiste ostendais) par Daniel Spoerri.
Publié par topxine à 09:16:09 dans les Alice's déballages | Commentaires (4) | Permaliens
Ce matin, je ne me voyais plus dans le miroir. Je n'avais pas encore bu de café et j'avais trainé quelques minutes dans les toilettes en rêvassant. Il y avait là deux solides raisons pour devenir subitement myope mais de là à être aveugle, il y avait un pas. Je ne voyais rien dans ce fichu miroir, pas même le mur bleu derrière moi, rien, vous dis-je, rien. J'ai d'abord cru à une farce, du genre d'une substance étrange qu'on m'aurait inoculée dans mon sommeil et qui provoquerait en moi de tels troubles de vision.
Néanmoins, en me levant, j'avais trouvé mes pantoufles et mon peignoir sans aucun problème, puis, avais-je eu difficile à trouver le chemin de la cuvette ? Nullement. L'astuce était décidément ailleurs.
J'ai plissé les paupières mais cela n'allait guère mieux. J'ai ensuite tendu la main vers l'emplacement du mur en question. Je ne voyais pas davantage mon visage. Je ne voyais même plus le miroir. Etait-il tombé pendant la nuit ? L'avait-on enlevé sciemment pour me déstabiliser dès le réveil ? Et, en ce cas, quel était le but poursuivi ?
C'est alors que j'ai senti mes pieds nus me brûler. J'ai baissé les yeux. Je me suis alors aperçue par terre, éclatée en mille morceaux.
Le soleil, lui, entrait à présent violemment à l'intérieur de la salle d'eau, pour me lécher les orteils, aurait-on dit... mais il se répandait comme de fins filets rouge sang en zigzagant sur le carrelage blanc.
© Alice Label 6 juin 2006 - Photo [© Bernard Topo'] de "Ik, James Ensor" (sculpture en bronze de la chambre de travail de l'artiste ostendais) par Daniel Spoerri.
Publié par topxine à 08:13:53 dans les Alice's déballages | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par topxine à 23:41:20 dans les Alice's déballages | Commentaires (3) | Permaliens
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