Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Sexe 6

SEX BONBON

à croquer

REGARD MOUILLé | 11 octobre 2007



Il se tenait appuyé contre la grille d'entrée du jardin, les yeux mendieurs et la tête penchée, comme s'il voulait m'apitoyer, m'apprivoiser peut-être, me séduire sans doute.

Je suis restée de marbre, comme je peux si bien le faire en pareille circonstance. « Qu'est-ce que tu veux ? », lui ai-je demandé à mi-voix. Il était grand, il semblait fort, et voire un petit peu dangereux dans ses moments de contrariété. Il ne me répondait pas. Il me faisait peur. J'ai répété ma question, mais si bas que moi-même je ne m'entendais plus. .

De son regard surgirent de minuscules étincelles. Ces deux pépites rayonnantes me subjuguaient et me tétanisaient en même temps.

Je me rendis compte subitement que j'étais sortie dans le jardin en petite culotte.

Je voulais voir si les pivoines, grosses hier soir comme des poings de bébé, s'étaient ouvertes au petit matin.

Il faisait frais pour un début de juin. J'avais un peu la chair de poule.

Au loin, un duel de coqs me cassait les oreilles.

Il était déjà là, m'attendant derrière la grille.

Je posai mes paumes sur mes seins nus.

Il passa la langue, un long morceau de chair rouge et écœurante, sur ses lèvres.

Je me suis encourue à l'intérieur.

Il était hors de question que j'adopte quiconque, et moins encore ce sale cabot au regard humide.

De toute manière, Huckleberry semblait de mon avis. Il a fait quelques sauts de carpe en toisant la grille avec un air de défi, puis, il m'a suivie dans la maison, la queue dressée et interrogative.



7 juin 2006

Publié par topxine à 06:51:45 dans les Alice's déballages | Commentaires (0) |

DéLIRE DE CHEZ LIRE | 10 octobre 2007



A part moi, il n'y avait que deux ou trois autres personnes sur le quai.

La jeune femme avait réussi à monter la caisse en carton dans le train avec l'aide d'un type plutôt louche, un grand baraqué aux mains larges, le regard un peu largué et avec des tatouages sinueux sur les bras. Elle n'avait rien demandé et il avait fait ça sans un mot, si bien que j'ai d'abord cru qu'ils se connaissaient.  Mais le gars est parti s'asseoir dans le compartiment sur la gauche tandis qu'elle demeurait debout dans le couloir. C'était le genre de bonhomme à qui je ne confierais pas ma poussette si j'avais un bébé, aussi ai-je tourné à droite pour m'asseoir, loin de ce gars mais suffisamment face au couloir pour pouvoir lorgner de temps à autre vers la blonde à la grosse caisse.

C'était en effet une boite comme celles qui emballent les télévisions et, d'après ce que j'avais pu constater, elle était lourde. Le costaud s'en était sorti à grand peine pour la soulever du quai.
Je me mis à spéculer sur le contenu de ce carton. Le plus évident était d'imaginer qu'il s'agissait réellement d'une télé mais je ne voyais pas pourquoi une petite bonne femme fragile aurait tenu non seulement à acheter un poste à des dizaines de kilomètres de chez elle mais encore à le transporter seule via le rail.
Peut-être le plus simple aurait-il été que je lui pose tout bonnement la question. J'avoue que les regards noirs qu'elle me lançait, toute blonde qu'elle était, me retenait de franchir un tel pas.  

En fait, je pense qu'elle pensait que j'étais là à seule fin de la surveiller.

C'était peut-être un cadavre, en quel cas tout découlait de source : c'était grand, c'était lourd, et elle allait peut-être s'en débarrasser dans une petite gare déserte. Mon regard inquisiteur n'était certes pas pour elle le bienvenu.
Je fis donc semblant de reluquer par la fenêtre. Le paysage qui défilait à vive allure n'était pas très intéressant, des champs, des prairies, des vaches, parfois une ferme ou quelques maisons, des vaches encore, un ou deux champs, etc.
Bref, j'en revins très vite à cette satanée grande caisse en carton.
Le train réduisait déjà sa vitesse. Nous arrivions en gare.
La bonne femme arborait un sourire inquiétant.

En tendant le cou, j'ai vu la portière s'ouvrir et une vieille dame qui montait avec difficulté. Elle était toute petite et ridée, avec un drôle de vieux chapeau sur un chignon gris. « Bonjour, Madame ! », a-t-elle chevroté à l'adresse de celle au carton.
Le sourire de celle-ci était devenu sardonique.

Tout s'est passé alors très vite.

Le patibulaire a surgi de son compartiment comme un diable. Je ne comprenais pas pourquoi il était en train d'étrangler la vieille de ses deux pattes comme des battoirs. Je n'osai rien dire quand ils ont ouvert la boite en carton pour y caser la dépouille en la tassant au mieux qu'ils le pouvaient.
Puis, le type s'est brutalement tourné vers moi tandis que son acolyte refermait la caisse en hâte. Il avait un gros doigt comme une saucisse posé sur ses lèvres grasses, m'intimant au silence le plus total possible. J'ai rabattu mes pieds sous la banquette, tiré sur ma jupe et tourné la tête résolument vers l'extérieur.
Le paysage respirait magiquement la vie, la vie.
Et, lorsque l'accompagnateur est venu vérifier nos billets, j'ai sorti le mien en tremblant. « Ca va, Mademoiselle ? », a-t-il demandé avec une gentillesse désarmante. J'ai fait oui d'un hochement de tête, bien entendu.
Il avait aussi de l'humour. « Et vous, qu'est-ce que vous transportez, là-dedans ? Le cadavre de votre grand-mère ? », leur dit-il sur un ton goguenard.
 « C'est ça ! Mais il reste encore une petite place pour vous, si vous le voulez ! », avait répondu l'affreux avec un rictus édenté,
« Ou bien pour la petite demoiselle, si ça lui dit... », avait-il lourdement rajouté en jetant un œil goulu sur mes genoux nus.
Je n'aurais sincèrement pas voulu le rencontrer une nouvelle fois, ni même ailleurs du reste.



13 juin 2006

Publié par topxine à 05:56:35 dans les Alice's déballages | Commentaires (0) |

L'HEURE DES CHATS | 09 octobre 2007



Quelle horreur ! Une semaine, une semaine tout en chaleur, où il ne se passe rien d'autre que la traversée inéluctable d'un soleil métallique dans un ciel transparent. La nuit, mon oreiller est trempé, mes jambes gonflent et de la poisse me dégouline sous les seins, sous les bras et à l'entrecuisse. Je me noie dans une bouteille d'eau fraîche. Je prends une, deux, trois douches froides. Rien n'y fait.

Sous les fenêtres de ma chambre, seul le clapotis passe en courant dans la rivière, quoiqu'une famille de canards y fasse aussi son tour de ronde, passant, dépassant, revenant, repassant, et ainsi de suite avec leurs cris de nage. Je me recouche enfin, toute en chaleur, le corps nu en croix sur un drap humide. Huckleberry ronronne sur le coussin vide à mes côtés. Bien sûr, ce n'est pas ainsi que je vais trouver le sommeil.

Mes mains patinent sur ma peau moite. La caresse est collante. Ma langue m'emplit la bouche. Mes yeux se révulsent. J'entonne un petit chant de victoire. Huck est en train de me fixer de ses yeux verts, avec les moustaches réprobatrices. Je souffle dans sa direction. « Quoi ? Quoi ? », me suis-je entendue lui dire en silence.


14 juin 2006


Publié par topxine à 09:24:25 dans les Alice's déballages | Commentaires (0) |

INDICE | 08 octobre 2007



© Alice Label - 14 décembre 2006

Publié par topxine à 08:59:32 dans les Alice's déballages | Commentaires (1) |

MOI, EMOIS ET MOIS | 07 octobre 2007



 

Je m'appelle donc Alice, Alice Label. J'ai 20 et des ans, ou peut-être un peu plus, ou moins, qui sait ? Il parait que je mesure à peu près un mètre septante pour une petite soixantaine de kilos, chairs, tripes et os. Je suis assez belle, évidemment, et, la plupart du temps, je vis seule, de-ci de là, là-bas, ici, ailleurs...

A vrai dire, je suis nettement moins attirante que ça en a l'air parce que finalement je ne suis qu'une petite personne... ambigüe ! Je suis le jouet de mon propre délire ou peut-être le fruit des rêveries d'un auteur quelconque, quelconque comme ces personnes inconnues que vous venez de croiser tout à l'heure en rue. J'hésite. Je ne sais plus trop. En fait, peu importe, je pense.

Je me sens comme obligée de titiller votre imaginaire, allez savoir pourquoi ! Je me sens réduite à vous séduire, à vous faire avaler mon histoire de gré ou de force et, finalement, à vous tenir définitivement sous ma coupe... jusqu'à ce que lire et délire s'ensuivent !

Je vous en prie, délivrez-moi ! Vite...
Epluchez-moi de bout en bout... et qu'on en finisse !
 Je vous en serais éternellement reconnaissante !  Et, croyez-moi : je sais ce que "éternité" signifie...

 

Publié par topxine à 08:25:12 dans les Alice's déballages | Commentaires (8) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| >>

Tous les derniers titres