• Cylia Malki

    (...) Je ne me souviens plus comment sa bouche s'est retrouvée sur la mienne, buvant goulûment ma langue à pleines lèvres. Mes mains la tenaillaient aux reins, mes paumes surfaient sur la peau doucement duvetée et mes doigts affolés glissaient sous sa jupe dans la fente entre ses fesses dures et tendues.

    Elle s'accrochait à moi d'un bras fermement ancré autour de mon cou et me badigeonnait le bas du visage de sa salive au goût de rose avec une petite langue véloce et perverse. J'enfonçai doucement un index entre ses globes fessiers. Un haut-le-corps la serra impulsivement contre moi. Je ramenai l'autre main en direction de son ventre mais lorsque je voulus descendre vers son pubis, elle m'agrippa la main avec fermeté pour la conduire aussitôt sous sa brassière.

    Emmanuelle n'avait pour seins que deux tétins érectiles qui se dressèrent sous ma caresse. J'avais le sentiment de flatter une fille impubère à la peau moite et finement grainée et, quoique que je ne fusse pas habituellement porté sur les gamines rétives, mon désir doubla à tel point que, lorsque ses doigts agiles ouvrirent la tirette de mon pantalon et extirpèrent ma verge hors de mon slip avec adresse, la vigueur de mon membre lui fit lâcher prise, un seul instant cependant car elle reprit illico la barre de commande, cette fois des deux mains, l'une pétrissant mes testicules et l'autre baguant mon gland à la gorge. Mon envie d'elle s'accrut encore quand j'engageai lentement un doigt dans son rectum et qu'elle se dandina des hanches pour accentuer son propre plaisir.

    J'hoquetais, le menton fouinant le creux de sa clavicule, et j'y dénichai un orgasme puissant qui m'arracha un feulement d'animal violé.

    Le sperme dégoulinait au long de son poignet et elle l'essuya méticuleusement sur le bras de ma chemise, avec un mince sourire désarmant. « Vous êtes une extraterrestre, Emmanuelle... », la complimentai-je en lui baisant le front qu'elle avait grand. « Bien plus que vous ne l'imaginez... », rétorqua-t-elle en se laissant tomber à mes pieds, debout sur ses genoux joints, le dos raide, le visage à hauteur de ma verge qui ne cessait de tressauter nerveusement.

    Elle l'emboucha à moitié, les narines palpitantes, et me fixa effrontément de ses pupilles élargies qui m'hypnotisaient. Je repoussai ses cheveux derrière les oreilles, me cramponnai des deux mains à la rondeur moite de ses épaules. En aspirant ma chair, ses joues se creusaient de deux petites fossettes et un infime tremblement involontaire s'empara de son sourcil gauche. Je m'abandonnai à ses affolants coups de langue avec de brusques mouvements de reins irrépressibles mais elle avait le don d'anticiper mes ruades. Une nouvelle salve jaillit hors de moi et déferla au fond de sa gorge. Elle déglutit dans un râle plus long que le mien et ses gestes devinrent subitement frénétiques. Ses doigts s'accrochèrent à ma chemise, m'attirant avec elle sur le sol dur et glacial. Nos lèvres se joignirent avec violence. D'une main tremblante, je découvris la peau de ses cuisses, douces et brûlantes. Un frisson la secoua lorsque, sous sa jupe, j'approchai lentement de son sexe en suivant la bordure crénelée de son slip. Ses yeux se firent implorants et sa bouche plus vorace encore quand je m'éloignai de mon but d'origine, en remontant vers son bas-ventre que j'avais un malin plaisir de mettre en émoi.

    Entre ses jambes, son slip était bombé, comme lorsque celui-ci est protégé par une serviette hygiénique. J'y posai enfin la paume. Elle arrêta un moment de respirer, l'œil chavirant, la bouche molle et bée. J'embrassai ses paupières closes, léchouillai une joue, mordis doucement son menton. 

    Emmanuelle accéléra mon approche en arrachant elle-même son sous-vêtement jusqu'à la moitié de ses cuisses.
    Sans doute avait-elle prévu un léger recul de ma part car, après s'être dénudée, elle avait fermement croisé ses bras autour de ma nuque et, déjà, elle me priait à mi-voix de le faire, ne fût-ce qu'une seule fois.

    De faire quoi, me disais-je, totalement désemparé par ce fin et long pénis qui se déroulait entre mes doigts. En vérité, je me sentais grugé, berné, blessé dans mon orgueil. D'emblée, j'avais voulu croire qu'elle était dotée d'un clitoris surdéveloppé mais la découverte de testicules grosses comme deux noix ne pouvait me tromper davantage. Je n'avais jamais été attiré par les hommes et il me fallait reconnaître que Manu avait joué son rôle avec une perfection invétérée. Même à présent que j'avais découvert sa vérité, je n'arrivais pas à parler d'elle au masculin.
    Son regard suppliant me subjuguait. « Dis-toi que je suis une extraterrestre ! », murmurait-elle en attirant de force mes lèvres contre les siennes.

    Dans un sens, j'aurais aimé lui procurer du plaisir ; dans un autre, je ne savais que faire de cet organe souple qui vibrait au creux de ma paume ; et, dans un troisième, j'avais contre moi une femme que j'avais désiré posséder avec tant d'intensité quelques secondes auparavant. Manu sembla se disloquer quand j'amorçai un va et vient de mes doigts refermés au long de son membre turgescent. Ses membres s'éparpillèrent en gesticulant comme une furie et, à l'approche d'un orgasme insoutenable, des gloussements incontrôlés montèrent de sa gorge.

    J'arrêtai un instant la manoeuvre afin de le mener aux combles de sa jouissance puis, non sans perversité, je décalottai brusquement son gland d'un seul mouvement. Le jet fut d'une hauteur surprenante et vint s'écraser au niveau de ses seins. Je ne lui laissai pas reprendre sa respiration. Je retournai son corps sur lui-même comme une crêpe.

    Là, placé à genoux entre ses cuisses, je soulevai ses hanches à pleines mains et, de mon pénis à nouveau érigé, fouillai l'interstice de ses fesses que je savais consentantes. De dos, je n'avais sous moi qu'une superbe jeune femme qui se prêtait à mon fantasme. Manu s'appuya sur les coudes dès ma pénétration de quelques centimètres et, quand je m'engageai plus profondément, se mit à remuer le bassin en glapissant. 

    Cela me faisait mal, la douleur était peu supportable, mais je n'en avais cure car c'était à ce prix que je conserverais d'Emmanuelle un souvenir agréable pour l'éternité. Cet orgasme-là m'appartiendrait.
    Je ne ménageais d'ailleurs pas mes coups de buttoir sous lesquels elle trépignait, trépidait, se trémoussait.
    Enfin, atteint de plein fouet comme par l'impact d'une balle, je m'immobilisai, babines retroussées, et lui
    offris mes derniers centilitres libérateurs. (...)
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    Gabriel Georgès / extrait de « Extraterrestre », nouvelle




     


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  • Déjà, dans l'ascenseur pas plus vaste qu'une cabine de douche, Luli avait ingénument pressé son corps contre le mien, comme si, d'emblée, elle tenait à me signifier que j'en aurais pour mon argent. Le caisson grimpait les étages en renâclant et le couinement de la poulie au-dessus de nous se rapprocha si lentement que j'avais eu largement le temps de m'inquiéter quant à la solidité du câble qui nous tractait avec si peu de conviction.





    Le parfum de rose qui émanait de Luli me rassurait en partie, davantage que sa chair tendue sous sa courte robe noire. Anxieux et embarrassé, je ne parvenais pas à décider où poser mes mains. A vrai dire, le creux de ses reins était accueillant, trop accueillant pour être sincère, et ses seins dardés sous son ridicule tablier blanc de soubrette me semblaient siliconés et artificiels. Je plantai finalement mon regard dans ses yeux fendus en lui brossant gauchement ses longs cheveux raides du bout des doigts. Elle se serra plus encore contre moi, se dressa sur la pointe des talons et plaqua avec ardeur son mont de vénus à hauteur de ma braguette de pantalon, afin de ne me laisser aucun doute sur l'état dans lequel elle allait me transporter par la suite. 







    Le bahut décida de caler net entre deux étages. Un juron agacé de la jeune femme, incongru entre ses lèvres qui pinçaient doucement les miennes, résonna contre mon palais, tandis que mes testicules me remontaient dans les tripes. Comme un geste coutumier, Luli flanqua aussitôt un coup de poing sur le bouton-pressoir du quatrième étage et notre cercueil reprit péniblement son petit bonhomme de chemin jusqu'à destination. Je me jurai quant à moi de redescendre tout à l'heure du quatrième ciel par l'escalier, si toutefois mes muscles tétanisés me le permettaient encore après la séance épique que me promettait d'ores et déjà la gourgandine.







    La grille articulée s'ouvrit sur un long couloir sombre et étroit, tapissé de portes peintes en rouge écarlate. Luli parut hésiter un instant en reluquant son jeu de clefs, puis opta pour la troisième sur la droite. Une fois entrouverte, la porte bailla sur une luminosité bleuâtre et envahissante. J'eus l'impression de plonger à sa suite dans un aquarium.







    La chambre était à l'avenant du sas qui nous avait acheminés : quatre mètres carrés, cinq tout au plus. Le matelas étroit, aux draps vert d'eau, occupait toute la pièce, ne laissant à la porte d'entrée qu'un espace restreint pour s'ouvrir à quatre-vingt degrés tout au plus. Les trois autres parois étaient recouvertes à mi-hauteur de miroirs lourdement ourlés de dorures clinquantes, mais piquetés par endroits et, en tout cas de propreté douteuse.







    Sans un mot inutile, Luli m'aspira dans le réduit, m'intimant de m'asseoir sur la paillasse, d'un geste autoritaire de ses longs ongles peinturlurés.







    Puis, elle referma vivement la taule sur nous comme, vraisemblablement, Satan clôt son portail dès l'arrivée peu convaincue de nouvelles ouailles. Luli, un tantinet plus convaincante, s'installa doucement à mes côtés, relevant ses jambes noueuses pour ôter ses sandalettes aux semelles compensées. Ainsi écartait-elle négligemment les cuisses pour me faire voir à la faveur de l'un des miroirs que, sous les courts volants de sa robette, elle portait un slip translucide dont les dessins de dentelle ne masquaient rien de son intimité. Sous les lampes bleues, la peau nue de ses cuisses se ternissait d'une vague tonalité vert de gris, presque blafarde.







    Après avoir dénoué son tablier, dans le dos et derrière la nuque, elle entreprit ensuite de déboutonner son bustier, sans cesser de me couler des regards éloquents par-dessous ses longues mèches noires qui lui balayaient le front et les joues. Le soutien-gorge était du même acabit que le slip, tous deux réduits au strict minimum.







    Le souffle à court de raisonnement, j'effectuai un bref mouvement de la main droite. Celui-ci se multiplia en se répercutant d'un miroir à l'autre. Je tenais à l'effeuiller moi-même, lentement, et me laissai transporter dans un premier temps par les formes étonnantes que je découvrais en tâtonnant entre les pans béants de sa blouse. Luli se prêtait à ma caresse curieuse avec une docilité surfaite, quoique très professionnelle. La robe s'ouvrait jusqu'au nombril.  







    Je la forçai à s'allonger, le torse tout au moins. Elle tomba à l'abandon en arrière, les bras complaisamment croisés derrière la tête.







    C'était son métier de me laisser prendre l'initiative si je le désirais. De fait, je la désirais soumise et jouisseuse. J'en eus pour preuve le halètement qui lui souleva la poitrine et le ventre lorsque ma paume gauche batifola par-dessous les pans de sa robe, à l'interstice de ses cuisses écartelées. Là, sous une rare toison aux poils courts et souples, une tiédeur suave perlait déjà à travers le fin tissu du sous-vêtement.







    Son sexe se fendit sous mes doigts. Elle me laissa taquiner son clitoris de longs instants durant lesquels je fus quasi certain qu'elle ne maquillait plus son propre plaisir. Je maintins la cadence, glissant tour à tour sous et sur la petite culotte. La voir gesticuler et l'entendre renâcler me comblait d'aise et éveillait au fond de moi un désir intense de la posséder, de la faire glapir et s'agiter encore et encore.







    Mais, rassasiée peut-être et pressée sans doute, elle se redressa d'un bond et parut vouloir me remettre à l'ordre en m'attirant de force au-dessus d'elle. C'était convenu entre nous, il est vrai : je n'avais plus droit qu'à un modeste quart d'heure pour vider mes poches, au sens propre comme au figuré.







    J'extirpai en hâte la bête turgescente hors de ma braguette et, après avoir fébrilement écarté l'entrejambe de son slip, me plantai en elle avec un rugissement qui parut quelque peu la rassurer sur mes intentions. Deux ou trois minutes durant à peine, je profitai largement de ses seins charnus et longuement de son étroit fourreau brûlant.







    Je venais de gaspiller en un instant tout l'argent qui me restait pour la semaine et, contrairement au contenu de mes bourses, je n'en reverrais pas de sitôt la couleur.

    (...)


    Sylvain Berg
    extrait de "Engeance commune", nouvelle


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