• Je la réveillai comme on réveille une princesse enchantée, par un doux baiser sur ses lèvres glacées. « Colin ? », fit-elle enfin, en tâtonnant mes joues et mon front à l'aveuglette. Je la rassurai d'une pichenette sur le menton, faisant déjà glisser ma bouche sur sa poitrine, d'abord entre ses seins, puis à leurs extrémités.
    Suçoter un téton me procura un plaisir indéfinissable, un peu semblable à celui de sucer machinalement le bout d'un crayon et, à sa respiration qui, de seconde en seconde, se faisait plus saccadée, je pressentis qu'elle y trouvait aussi une certaine délectation. Je n'allais certes pas m'arrêter en si bon chemin.
    Une onde de choc parcourut son ventre lorsque je léchouillai longuement le creux de son nombril, me signifiant ainsi inconsciemment qu'elle était prête à tout abandon. Sans plus attendre, je gagnai l'accord tacite de son mont de vénus en l'étouffant sous une constellation de petits baisers rapides et fugaces. De fines boucles blondes m'y chatouillaient délicieusement les lèvres et m'excitaient terriblement. Je ne réfrénai plus mon avancée et, au risque qu'elle me repoussât la tête de ses deux mains tendues, je me jetai à bouche perdue sur le point de jonction de sa vulve pour y traquer son bouton d'or comme me l'avait si bien appris Nastasia.

    Son corps tout entier se rétracta un court instant mais ses muscles se détendirent tout aussitôt et je sentis en même temps ses doigts se promener compulsivement dans mes cheveux. Nous avions tous deux sacrément gagné la partie. Je m'attelai illico à chercher sa jouissance, le nez affolé par ses effluves doucereuses. De surcroît, les pétales de ses lèvres avaient un goût exquis de crème à la vanille.
    J'empaumai ma verge bien proche de l'apoplexie. Il ne me fallut guère plus que de faire coulisser deux ou trois fois le chapeau de mon gland sur le cou de mon membre pour subir un sursaut aussi violent qu'un shoot à bout portant dans le but de l'adversaire. Mes yeux s'exorbitèrent, ma langue trépida hors de mes lèvres sur son clitoris congestionné, tant et si fort que je crus lui avoir donné le coup de grâce, et ma liqueur jaillit brutalement, frénétique, brûlante, inextinguible. Je lapai encore et encore la commissure de ses lèvres gonflées en espérant la bluffer sur mon état semi-comateux du moment.

    Alouette marqua un raidissement discret mais éloquent. Elle venait de découvrir son tout premier orgasme et n'en était peut-être même pas consciente. 
    Les rayons du soleil auréolaient nos corps comme une bénédiction. Bientôt, il me faudrait rejoindre mon lit à l'étage du haut mais je n'avais aucune envie encore de soulever ma tête du ventre confortable d'Alouette. Je rêvassais benoîtement, un peu inquiet toutefois des perspectives du lendemain. Hirondelle ou ses parents liraient-il dans nos yeux que leur sœur et fille cadette venait cette nuit même de se faire dépuceler en douceur ? Non, sans doute, mais ce que je craignais par dessus tout, c'étaient les fanfaronnades suggestives dont Alouette ne pourrait s'empêcher d'éclabousser les murs. 
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    Devant nos corps nus tendrement enlacés par-dessus les draps, ma tante Corinne ne prononça pas le moindre commentaire mais les traits décomposés de son visage tout comme sa bouche bée tel un puits sans fond me firent présager que je ne ferais plus long feu dans cette maison.


    extrait de "Colin-maillard par Colin Maillard", roman


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  • ... Je vois l'homme me détailler sous toutes les coutures, s'attarder un instant sur mon pubis rasé, puis sur les traces de bronzage qui me dessinent un cercle autour de chaque sein. Je décapite ma carotte d'un claquement de dents. Le bandeau, noir et élastique, pendu à mon poignet, est le dernier vestige de mes vêtements.

    Je m'allonge alors contre le dos de Nathalie qui, les yeux clos, s'était installée en chien de fusil. La jeune fille garde les paupières baissées lorsque j'entreprends de lui caresser la hanche, me faufilant sournoisement vers la pointe des seins que j'agace quelques temps avant de redescendre sur le ventre pour y pianoter du bout des doigts.

    Je lui chuchote des mots doux dans l'oreille et la soumission de Nathalie me semble acquise, car elle accepte que je lui passe le bandeau autour de la tête, en l'ajustant méticuleusement sur ses yeux.

    Je lui entrave ensuite les poignets à l'aide de la ceinture, destinée à cet usage et que nous rangions sous le sommier. Lorsque je serre fortement la boucle, mon amie laisse échapper un cri de douleur qui s'étouffe dans le creux de l'épaule du bonhomme.

    « Prends-la sur toi ! », ai-je soufflé dans l'oreille de ce dernier dont les yeux brillants marquent l'ébahissement.
    Hypnotisé, il soulève le corps brûlant de Nathalie et, caressant la rondeur exquise de ses fesses, lui écarte les cuisses en tirant les genoux vers l'avant. L'homme ne bouge plus : le bout de son sexe s'est niché contre la vulve humide et, en la tractant par ses poignets garrottés, il la fait monter et descendre contre son corps. Leurs langues se gourmandent.

    Agenouillée derrière ma douce amie, je me mets à agacer son orifice fessier avec le bout arrondi du légume. Elle se cambre brusquement en glapissant et les dents prêtes à mordre.

    J'enfonce alors en elle le membre tremblant de l'homme dont je bague avec force la racine d'une main. Il mugit brièvement à chaque coup de buttoir de Nathalie qui, sous l'emprise conjuguée du vit et de la carotte, vagit en salivant abondamment sur leurs joues.

    Je le tenaille ferme et lorsque je devine que le bonhomme ne pourra plus se contenir bien longtemps, je resserre davantage mon étau en activant le légume plus encore dans le fondement de Nathalie qui, elle, s'abandonne à hurler comme un goret...
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    Julie
    / extrait de « Moeur's Frisson », roman, 1999


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  • Mademoiselle Oui-Oui n'était comme on le sait pas très contrariante et, les deux bras gentiment crochetés autour de mon cou, elle me laissa la peloter à ma guise et au gré de ma curiosité.
    Je visitai d'abord les dessous de son large blouson – il y avait matière à s'attarder -, puis explorai ce que cachait sa mini-jupe – sous son slip, ses fesses étaient rondes et soyeuses à souhait -, ensuite, je partis à la découverte de ses seins nus protégés seulement par une fine liquette – deux petits pains bien fermes et tendus – et enfin, je m'aventurai entre ses cuisses tièdes, m'hasardant à glisser deux ou trois doigts sous l'élastique de sa culotte  - une toison bien moins fournie que celle de Colombe et même que celle de Nastasia.

    Au dépit de mon sang en ébullition et d'une douleur délicieuse dans mon pantalon, je ne savais fichtre pas comment j'allais l'entraîner dans ma chambre sans perdre le bénéfice de notre gymnastique d'échauffement. De plus, lui prendre la main et la tirer derrière moi, et moins encore le lui proposer de vive-voix, ne me paraissait pas correspondre à la situation. Aussi ai-je repris mes investigations une à une, le temps de résoudre ce problème et de me décrocher la mâchoire par la même occasion.
    Cette fois, je m'attardai davantage à la couture de son entrejambe, m'entêtant à trouver une solution sur le renflement de ses lèvres ou le petit chapeau à leur sommet.

    Certes, Viviane se laissait faire avec complaisance mais je ne sentais aucune réaction de sa part et les baisers qu'elle m'accordait était purement méthodiques, ternes, répétitifs et sans passion. J'avais par instant le sentiment de m'exciter sur une poupée vivante, en qui tendresse et sensualité étaient totalement absentes.
    Je ressentais une terrible frustration et je n'étais pas loin de lui faire mal en la pinçant ou la frappant pour entendre enfin un petit cri de sa part qui m'indiquerait qu'elle était capable d'avoir une quelconque sensation.    

    Finalement, ce fut elle même qui me facilita la tâche en me murmurant d'un ton réfrigérant de l'emmener sur mon lit. 
    J'étais singulièrement attiédi mais la déshabiller de haut en bas réveilla quelque peu mes sens. C'était la toute première fois que je contemplais à l'aise la nudité d'une jeune fille. Allongée sur le dos comme elle l'était, ses seins menus s'aplatissaient sur sa poitrine. Plus bas, au niveau d'un nombril comme un coquetier d'œuf de caille, sa taille s'affinait à un tel point que, pour peu, j'aurais pu l'encercler de mes deux mains. Puis s'évasaient des hanches pleines, où les plis de l'aine marquaient un creux en ligne droite, encadrant un pubis tel une poitrine nue de pigeon. Son sexe était net, ourlé de lèvres fines et relevé de quelques boucles folâtres plus claires que le châtain de ses longs cheveux emmêlés sur l'oreiller.

    Viviane me scrutait d'un regard neutre et soumis. Je m'assis sur le lit et lui tournai le dos pour enlever mes pantoufles, mon pantalon et mon slip car je ne tenais pas à ce qu'elle aperçût ma verge dressée et pût ainsi comparer sa longueur avec celle de ceux qui m'avaient précédés. J'ôtai encore ma chemise sans la déboutonner plus que nécessaire. « Tu es très belle, oui, oui, tu es très belle ! », dis-je en m'étendant auprès d'elle, sans trop espérer que cela la dégèlerait.    

    Quoiqu'elle écartât les cuisses pour me venir en aide, je dus m'y reprendre à plusieurs reprises pour me décalotter le gland entre ses lèvres et l‘enfoncer dans son tunnel sec et étroit. Les bras tendus de part et d'autre de ses épaules, je l'éperonnai enfin mais cela ne parut pas l'émouvoir outre mesure. Le visage impassible, les membres immobiles, le vagin anonyme, Viviane semblait tout bonnement mourir d'ennui. De deux choses l'une, pensais-je en accélérant sensiblement la mesure pour en finir au plus vite, ou bien les affaires de sexe la laissaient indifférente et n'étaient pour elle qu'un passage obligé pour obtenir par la suite un peu d'affection, ou bien ses butinages incessants n'avaient pour seul but que de trouver un jour l'âme sœur. Un fait était certain : comme d'autres auparavant, je ne ferais pas son affaire.

    Rétrospectivement, je me demandais ce qui aurait changé dans ma ligne de vie si, plutôt que Colombe ou Nastasia, mademoiselle oui-oui avait été ma toute première expérience. Sans nul doute aurais-je émis d'emblée de nombreux doutes quant à mes capacités et vraisemblablement aurais-je craint plusieurs années durant de rééditer un pareil échec. Entretemps, Nastasia me filerait entre les doigts. Je ne connaîtrais pas mes filles et qui sait si je n'allais pas entrer dans les ordres par dépit ? Je ne pensais pas que Viviane se rendît compte d'avoir une telle responsabilité.
    Sinon, songeai-je alors intuitivement, elle aurait pour le moins fait semblant de prendre plaisir quand j'ai éjaculé en elle, en cachant sous ma paume ses yeux morts qui me terrifiaient.


    Extrait de « Colin-maillard par Colin Maillard », roman


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  • (...) Nous nous sommes donc retrouvés vers quatorze heures dans sa chambre aux tons roses et mauves, à bavarder devant un écran de télé vide et assis comme des statues sur le bord de son lit. Mis à part l'unique chaise de bureau et le tapis plain sur le sol, l'épais matelas restait l'endroit physiquement le plus confortable, même si cela provoquait une certaine gêne de part et d'autre.

    Je ne sais plus quels préliminaires nous avions entamés, mais je me souviens bien que mon regard était vissé sur ses cuisses serrées l'une contre l'autre, un peu plus dévêtues depuis que ses fesses s'étaient enfoncées dans la mollesse du plumard, et que ses genoux, en pointant de plus en plus vers le plafond, avaient immanquablement fait glisser le bord de sa robe sur sa chair, rose comme tout ce qui nous entourait, une peau finement duvetée et tendue comme celle d'un tambourin.
    J'étais persuadé que, dans cette position, si j'avais dû renouer le lacet de l'une de mes bottines, je n'aurais eu qu'à pencher négligemment la tête pour découvrir la couleur, vraisemblablement saumon ou lilas, de sa petite culotte. Bien sûr, je n'aurais pu décemment m'y attarder, mais cette vision fugace aurait satisfait mon vif intérêt, brûlant en ces instants d'intimité (n'étais-je pas avec elle, sur son propre pieu ?), de savoir si Violette avait la fente mousseuse comme les rides d'une noix ou, au contraire, lisse comme une prune blanche.
    Malheureusement, je portais des sandales et, de plus, ses jambes tenaillées l'une contre l'autre ne me permettaient guère plus d'investigations.


    Cependant, comme une oie blanche qui n'a pas conscience du désir qu'elle est susceptible de provoquer, Violette s'était jetée vers l'arrière en riant, les coudes enfoncés jusqu'à la garde dans le mitan de sa couche - qu'avais-je donc bien pu dire de si drôle ? -, ce qui avait encore eu l'art de remonter le bas de sa robe d'un cran. Sous ma ceinture, j'ai senti mon sexe gonfler à mesure tout en espérant qu'elle n'y prête aucune attention. C'était plutôt flagrant mais elle s'obstinait à pointer le museau vers la lampe centrale du plafond.


    Je l'écoutais me raconter dieu sait quoi et il me fallait à présent retenir ma main droite, avec toute la puissance de la gauche, afin de ne pas lui laisser mes propres doigts opérer un glissement progressif vers cette tentation qui, seconde après seconde, m'obsédait davantage. J'imaginais défaire un à un les boutons de sa robe, en commençant par le bas, puis rabattre brutalement les pans sur ses flancs pour enfin découvrir les arcanes d'une adolescente de quinze ans.


    Ensuite, quand elle a commencé, les bras levés sur sa tête, à défaire ses deux macarons, puis à dénouer lentement ses tresses comme si je ne lui étais plus qu'un vulgaire face à main, je me suis également laissé aller en arrière, les mains croisées sous la nuque. Violette a légèrement tourné le buste pour me suivre du regard et c'est alors que je me suis rendu compte qu'elle avait aussi deux petits tertres discrets sur la poitrine.


    « Michel, est-ce que tu aurais envie de sortir avec moi ? », me demanda-t-elle soudain du bout des dents, immaculées comme ses socquettes.


    « Tu veux dire, sortir, c'est-à-dire qu'on aille ensemble au cinéma ? », ai-je répondu comme un benêt, mes joues s'enflammant tel un gyrophare. Elle a simplement secoué ses longs cheveux en signe de dénégation. « Je veux dire : sortir vraiment, toi et moi ! », ajouta-t-elle en se penchant vers moi comme si la mante allait me tomber dessus et me dévorer tout cru.


    J'ai paniqué. La brusque tournure des événements ne laissait plus vraiment de place à mon imaginaire.
    J'ai réellement soupçonné un instant qu'elle allait me mordre jusqu'à sang, aussi ai-je accueilli ses lèvres sur les miennes non sans méfiance et sans la lâcher de l'œil.
    Ce fut pire encore. Une lueur dans ses pupilles clignotait suffisamment pour m'alarmer davantage et, quand sa langue un peu froide a commencé à fouiller l'intérieur de ma bouche, j'ai tenté avec maladresse de me dégager mais j'étais déjà bien trop sous sa coupe pour aller jusqu'au bout de mon geste.

    Après un baiser anisé qui dura un quart d'heure au moins et me fit nuer toutes les couleurs du spectre, elle s'est redressée d'un seul coup en déboutonnant tranquillement sa robe, par le haut. Jusqu'en bas, Violette n'avait aucun dessous. Ses seins, gros comme deux navets, dressaient leurs pointes brunes avec arrogance et, à une main de son nombril, une fine moquette sombre s'étendait en triangle vers la naissance de ses cuisses.
    Je n'ai guère eu le temps de philosopher à ce propos, ni par ailleurs à aucun autre, car, une fois libérée de son seul vêtement, elle s'est aussitôt ingéniée à attaquer mes propres remparts, à savoir mon pantalon et l'ouverture récalcitrante de mon slip.

    J'avais déjà fait l'amour par contumace un bon millier de fois précédemment, mais ma brève expérience fut balayée sur-le-champ par la précision quasi chirurgicale de sa succion. Je ne m'étais plus tripoté depuis un soir ou deux, aussi ai-je subi rapidement un premier orgasme, bref et abondant, dans la gueule gourmande de la succube.
    Elle a alors rampé sur moi en émettant du fond de la gorge un cri rauque qui ne me disait rien qui vaille et, quand elle a replié ses jambes et que j'ai senti à la fois ses genoux sous mes aisselles et son bas-ventre qui ondulait à la recherche de mon sexe, celui-ci s'est aussitôt redressé avec la vigueur d'un étalon.
    Mon gland a glissé dans la fente humide comme une pièce de monnaie dans une machine à sous. J'ai alors subi l'assaut de ses mollets qui ceinturaient mes hanches, elle, toutes griffes dehors et empalée sur mon sexe turgescent, moi, les doigts crispés  fébrilement sur ses reins cambrés et ses fesses agitées. Je n'avais diable pas encore connu tel feu d'artifice.
    C'était un démon femelle dans le corps d'une vierge affolée ; néanmoins, pour l'heure, je goûtais à ses charmes troublants et laissai de côté toutes mes interrogations à son propos.


    Violette prit son plaisir en me montrant ses canines sous une grimace de souffrance.
    Je la vis jouir une deuxième fois, toutes incisives dehors et les yeux révulsés. A la troisième, elle se mit à gronder telle une chatte furieuse, ses bras tendus vibrèrent et, abattant son torse nu sur le mien, son ventre recracha mon sexe hors du sien.
    Elle se dressa encore sur les coudes en feulant et me ravala en elle avec une adresse inouïe. Ses cheveux me cachaient à présent son visage.
    J'ai fermé les paupières afin de me concentrer sur l'onde électrique qui me secouait du front aux orteils.
    (...)


    Michel Vert / extrait de « Fête des mères », nouvelle 2001


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  • Prétextant l'envie de contempler les étoiles, elle m'obligea à m'allonger sur l'herbe auprès d'elle et se coula sur mon épaule comme un chaton affamé. Ses longs cheveux châtains avaient un parfum de shampoing à la vanille. La peau de son bras était fraîche contre la mienne. J'identifiais son désir davantage comme un besoin de tendresse que comme un appel érotique.

    La lumière de la lune était trop forte et une autoroute illuminée nous gâchait tout espoir de trouver avec précision l'une ou l'autre constellation. Depuis trois ans, le ruban de béton Bruxelles-Paris chuintait sempiternellement au loin comme une scie circulaire.


    Mais « Laisse-toi faire ! », dit Charlène en prenant vivement ma main pour la glisser sous sa jupe fleurie, entre ses cuisses de garçonnet. « Caresse-moi... », m'ordonna-t-elle avec un court baiser sur mes lèvres, les genoux délicatement relevés et les doigts toujours couchés sur les miens. Je reniflai son odeur sablée de jouvencelle et batifolai du bout des ongles d'une jambe à l'autre, évitant soigneusement le petit renflement où elles se rejoignaient.

    Ce fut elle qui, d'autorité, dirigea ma paume vers son slip, l'y pressant de telle façon que la brève étincelle dans son regard n'eût d'autre équivoque. J'étais obéissant. Je gagnai son ventre doux et rond, puis, de retour du nombril, écartai l'élastique de son sous-vêtement afin de me faufiler à travers une mousse rare et étroite jusqu'à la fente fine et sèche de ses lèvres. Charlène, m'accompagnant toujours de sa main sur la mienne, émit un gloussement de gamine surprise et ferma les paupières tandis que j'agaçais déjà l'embouchure de la vulve de mon index replié.

    Par un lent va et vient tout au long de sa couture, que j'accentuais par de courtes intromissions dans sa chair émue, son miel ne tarda pas à s'écouler à fleur de bouche. J'en badigeonnai la capsule qui doubla sensiblement de taille. Avec une lascivité étonnante pour une fille de son âge, Charlène se mit à onduler du bassin et, en quittant brusquement ma main, souleva son t-shirt pour me dévoiler deux seins minuscules dont les pointes, rondement roses et tumescentes, ne semblaient pas encore mûres.
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    Je déboutonnai ma chemise et l'attirai sur moi du geste vif de celui qui rabat sur lui une couverture. Nos poitrines entrèrent en contact de manière électrique. Nos sexes se confrontèrent par-dessous les tissus de nos vêtements. Je relevai sa jupe sur ses hanches, empoignant ses deux fesses pour lui imprimer un balancement de haut en bas.

    Charlène mordillait ma gorge chaque fois que mon gland frottait son clitoris au travers de son slip et de mon pantalon de toile. Puis, se redressant sur ses bras tendus, elle adopta une attitude de nageuse éperdue que l'océan menace de noyer. Ses cheveux coulaient sur ma poitrine.
    Sous la lune, son visage était à contre-nuit et je devinai plutôt que je ne vis ses yeux clos, sa bouche bée, ses narines écartées et ses joues frémissantes. Elle dirigeait totalement à présent notre turbulence, écartant davantage les cuisses afin de mieux marquer le choc de mon sexe contre le goulot de sa vulve, si bien que j'avais la totale impression de la pénétrer de quelques centimètres en dépit du gant de nos vêtements.

    J'ai baissé en hâte son slip mais, avant de parvenir à le lui ôter et moins encore à me débarrasser de mon pantalon, je subis un orgasme effarant qu'elle rendit démesuré en activant ses reins de furieuse façon et en miaulant sauvagement des petits cris sans suite qui m'indiquaient qu'elle aussi était arrivée à saturation. Je la soulevai pour unir nos lèvres.
    Entrouvertes par quelques derniers gémissements, elle m'abandonna une langue inerte et, tandis que les trépidations indomptées de ma verge s'estompaient, je fouillai sa bouche de fond en comble en devinant à hauteur de mon nombril les formes délicates de sa toison ouatée. (...)

    Tristan (adolescent) / extrait de « Les gigognes de Beersel », nouvelle


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