• « L'hiver, j'allumais le radiateur de la chambre une heure ou deux avant ta venue. Plus tard dans l'année, tu en fermais les fenêtres, non pas que tu aies si froid, mais parce que tu ne voulais pas qu'on entende tes cris et gémissements de la rue. Un jour, tu as oublié ce geste rituel et réprimé ton exubérance dans ta poitrine. Un autre, c'est moi qui t'ai bâillonnée de ma paume afin que ton plaisir résonne en toi comme un tambour et de faire sourdre ta complainte au creux du ventre. »


    Gabriel


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  • « Non, je n'ai pas eu immédiatement le coup de foudre. La tendresse et le désir se sont insidieusement infiltrés en moi jour après jour, je dirais même mois après mois, jusqu'à ce réveillon de nouvel an où nous avons dansé, dansé, dansé. Je me rappelle de ma jambe glissée maladroitement entre les tiennes, puis, plus tard, éreintés et assis sur nos chaises, je me souviens de cette cheville que tu avais re-posée sur mon genou, au vu de tous. »


    Gabriel


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  •  

    « Nous nous sommes d'abord découverts sur un divan, bavardant de tout et de rien avec passion, et nos premiers baisers pimentaient le dialogue comme d'agréables friandises. Mais de tendresses en caresses, nous avons inéluctablement franchi la frontière, gardant l'amitié mais y gagnant en amour.

    Nos lèvres se sont faites plus osées, nos mains plus curieuses, nos regards se sont faits plus brûlants, nos corps plus exigeants.

    Nous avons peut-être eu un instant le sentiment que nous empruntions une voie sans issue ; nous ne savions pas encore que nous serions si dingues l'un de l'autre quelques semaines à peine plus tard. »


    Gabriel
       


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  • « Le collier à ton cou aimantait mon regard. Tu portais cette petite robe blanche qui dévoile ta gorge, tes bras et tes genoux. Sous le soleil, tes verres se fumaient et ton regard disparaissait derrière. Tu as légèrement penché la tête et tes yeux me fixaient par-dessus la monture.

    J'étais hypnotisé, tétanisé, un peu ridicule. Tu incarnais tant pour moi l'amour qu'il m'aurait été impossible de faire un pas de plus vers toi, par peur que tu t'évanouisses subitement comme un mirage.
    C'est toi qui t'es alors avancée timidement, jusqu'à me toucher du bout des doigts, sans doute pour me prouver que tu n'étais pas une illusion.»


    Gabriel


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  • « Tu marches devant moi, je baisse les yeux sur les jambes nues sous ta jupe. Je vois la forme prononcée de tes mollets qui avancent, le dessin de tes fesses qui balancent sous le tissu, je remonte vers tes hanches étroites, puis au creux du dos jusqu'entre les épaules.
    Ton bras nu me tend la main, sans te retourner.
    Je la prends, paume contre paume, nos doigts se tissent.
    Je te tourne de face pour croiser ton regard.
    J'y plonge sans un mot.
    Nous y nageons ensemble.
    Et, quand nos lèvres se cherchent, comme par miracle, elles se retrouvent à l'endroit précis où on ne les attendait plus.
    C'est si long, une semaine sans toi. »

    Gabriel


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