• « Tu sais, moi je fonctionne surtout au coup de foudre.
    Les couples importants de ma vie ont démarré ainsi...
    Toi, je ne sais pas pourquoi et ne veux d'ailleurs pas en savoir la raison, c'est l'inverse : il m'a fallu près de trois ans pour ressentir cette foudre qui me clouera sur place.


    La première fois qu'on s'est vus dans ce bistrot, toi, avec ton chien sur la banquette, qui draguait ouvertement ma femme, je te trouvais femme-enfant, un peu à côté de toi-même. Tu ne semblais pas très joyeuse, faut le dire !
    Ton mari ? Je le croyais bien plus âgé que toi, de surcroît un peu terne, fade, obéissant...

    Puis, on s'est recroisés de temps à autre, bonjour, bonsoir, comment ça va ? Sans plus.
    Je ne sais ensuite où a commencé le déclic.
    Peut-être avons-nous un jour un peu plus parlé, un peu plus ri, peut-être nous sommes-nous un peu plus rapprochés, vous et nous, toi et moi.

    L'an dernier encore, tu n'étais absolument pas mon fantasme.
    C'était d'ailleurs réciproque, je crois. Comment en effet être attiré par un homme qui s'écroule la plupart du temps, ivre mort, sur une table de bistrot ?
    Et tu as eu cet accident, tu as été malade, tu as eu une première opération... J'ai commencé à te soutenir, nous sommes devenus amis, bien plus proches qu'auparavant.

    Je me suis aussi relevé, je ne tombais plus sur la table. Tu dis que je t'ai aidée à passer au-delà de toi-même, ... je pourrais t'en dire autant, ma belle.

    Et enfin, on a dansé, même si moi je danse très mal.
    Je suis tombé, non plus sur une table, mais tombé amoureux.
    Je te l'ai dit. J'ai osé.

    Nous sommes enfin tombés dans les bras l'un de l'autre.
    Je t'ai aimée. Tu m'as aimé. On s'aime encore, mais chaque jour un peu plus fort.
    C'est l'escalade.

    Sensuellement, sexuellement aussi.

    Oui, j'ai un fameux coup de foudre pour toi, mon amour. Pas toi ? »



    Gabriel


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  •  

    « L'autre jour, tu m'as marqué le bras droit de tes doigts et ils sont restés gravés trois semaines durant ; récemment c'était mon sein où les cinq traces se voient encore, si nettement que n'importe qui en devinerait aisément la provenance et imaginerait du coup aussi entendre les gémissements de plaisir qui les accompagnaient. Depuis, tu penses bien, j'évite de me mettre torse nu en pleine lumière devant ma femme. »


    Gabriel


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  • « J'ai lu l'amour dans tes yeux quand je frottais mon nez contre le tien.
    J'y ai aussi senti la peur en même temps qu'un lourd silence lorsque je t'ai murmuré en souriant : « On va pas se quitter, dis ? ».
    Personne non personne ne pourra m'empêcher de t'aimer, personne... sauf une seule peut-être : toi, si tu parviens à me le demander et si moi j'y arrive. Tu ne vois pas l'angoisse dans mon regard ? »


    Gabriel


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  • « Nous avons évacués loin derrière nous deux longs et pénibles mois de vacances en une seule matinée...
    Nos désirs étaient des ordres, nos plaisirs étaient désordre.
    Je devenais ton esclave.
    De mes lèvres mouillées, déferlaient des mots fous.
    J'étais enchaîné à toi, tu étais déchaînée.
    De ta bouche entrouverte, coulaient des cris d'amour.
    Des spasmes éclaboussaient ton visage.
    Je picorais ton corps nu de baisers.
    J'en tremble encore, seul, deux heures plus tard. »


    Gabriel


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  • « Parfois, dans un bistrot où nos routes se croisent par hasard (ou pas vraiment), tu joues si bien l'indifférence que je n'ai moi-même plus aucun soupçon de notre amour. Ton regard qui évite le mien, ta complicité avec ton mari, tes discussions avec ma femme, tes enfants en guise de paravent, tu sembles si douée pour la dissimulation.
    Au troisième pastis, tu te relâches mais ne restes alors plus en place, papillonnant par-ci, voletant chez l'un, chez l'autre. Ta froideur me glace. Je l'avoue, j'ai peur, peur pour nous. « Nous » qui n'existons pas encore, à vrai dire. »



    Gabriel


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